Interview : Pierre Hérant, son tour de France à vélo en solo, 7600 km

Tour de France à vélo seul, pierre herant

En 2021, à l’âge de 67 ans, Pierre Hérant parcourt à vélo 7600 km. Fasciné par les tours de France des années 1920, il décide d’aller pédaler sur le même itinéraire que les grands coureurs. Son tour de France à vélo seul suit de plus près encore la frontière administrative du pays. Il roule ainsi sur les littoraux de la France continentale, franchit de nombreux cols alpins et pyrénéens. Il grimpe au total 80 000 m de dénivelé positif. En 84 jours, il pédale sur 7600 km sans jamais abandonner. Mais, Pierre n’a d’errant que son nom de famille. Il sait où il va. Preuve en est, il retrace son fabuleux périple dans son livre Mon Tour de l’Hexagone à vélo. Son souhait le plus cher : que ce fantastique itinéraire devienne un parcours classique de cyclotourisme pour tous les adeptes de voyage à vélo. CycloVagabond vous emmène à la rencontre d’un écrivain voyageur.

Bonjour Pierre Hérant ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour ! Je suis Pierre Hérant. J’ai 69 ans, je suis retraité. J’habite à Nice. J’ai travaillé durant toute ma carrière dans le secteur des économies d’énergie et de la protection de l’environnement. Je suis donc très sensible à la nature. J’ai fait pas mal de voyages dans ma vie, surtout ces dernières années depuis que je suis en retraite. J’adore partir plusieurs semaines dans différents coins du monde et en France. Je suis surtout un amateur de trekking, vu que j’aime la nature et la montagne.

Avant de faire le tour de France à vélo seul, tu avais déjà parcouru l’Hexagone sur 3700 km, en 2020. Comment t’est venue cette idée ?

L’idée a germé durant ma traversée de la France à pied. Je suis parti de Nice jusqu’au Mont-Saint-Michel, en 70 jours. J’ai choisi cet itinéraire tout simplement parce que ma famille vit en Touraine. Donc de Nice à Tours, j’ai recherché les sentiers qu’il pouvait y avoir et ai prolongé ensuite ma marche jusqu’au du Mont-Saint-Michel pour faire une belle conclusion à ce périple. J’ai l’esprit assez cartésien puisque je suis ingénieur de formation. Donc, j’aime bien réaliser des choses qui ont un sens. Et, aller d’une mer à un océan, c’est quelque chose qui me semblait assez logique.

Du coup, c’est en traversant la Loire à Tours que j’ai pensé à un premier voyage à vélo. En effet, la Loire est le fleuve le plus proche de l’endroit où je suis né. Or, le parcourir à pied est un peu long. Ça représente tout de même 1000 km. De plus, certaines rives ne sont pas très passionnantes. Alors, j’ai eu l’idée de le faire à vélo. Puis, comme il s’avère trop compliqué de charger un vélo dans un train pour rejoindre une destination et inversement, pour rentrer chez soi. C’est ainsi que j’ai commencé à préparer ce premier voyage à vélo de 3700 km, de Nice à Nice, en France.

Lors de ce périple, j’ai emprunté des itinéraires cyclables comme la Vélodyssée ou le canal des Deux Mers. J’ai ainsi pu à la fois passer dans mon village natal en Touraine et faire étape chez ma sœur et ma fille qui habitent à Toulouse. Cette boucle est relativement plate, à part en Provence, en Ardèche et dans toute la partie qui traverse le Massif central. Et, en pédalant ainsi sur cette longue distance, je me suis dit que le top du top, ce serait de faire le grand tour. Par conséquent, j’ai commencé à penser à faire le tour de France à vélo seul.

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Envie de partir en voyage à vélo organisé ?

Sospel, Alpes-Maritimes

Entre le 15 juin et le 20 septembre 2021, tu pars pendant 84 jours faire un voyage à vélo de 7600 km. Ce tour de France à vélo seul est un peu particulier. Raconte-nous pourquoi.

La difficulté lorsqu’on se lance dans un tel projet, c’est qu’il faut tracer l’itinéraire à l’avance. Cela évite de perdre du temps sans arrêt sur la route ou dans les sentiers pendant les treks. J’avais déjà fait des tracés d’itinéraire, par exemple pour ma traversée à pied des Pyrénées entre Banyuls sur mer et Hendaye, en 42 jours. Je l’avais fait aussi pour mon voyage à vélo le long de la Loire et de la Garonne. Mais, établir un itinéraire vélo sur beaucoup plus de kilomètres, je savais que ça allait me prendre un temps fou !

J’ai eu de la chance. J’ai trouvé le blog de Régis Paraz qui avait réalisé ce tour de France de 7600 km, 10 ans auparavant. À l’époque, il était président du Club des Cent Cols. Ça dit tout ! Car, cette association regroupe les passionnés de cols des montagnes. Lui, il en avait déjà 2500 à son actif au moment de son tour de la France ! Sur son blog, il avait retracé son parcours qui suivait les frontières administratives. Je n’avais plus qu’à reproduire l’itinéraire de cet « inventeur du grand tour de la France » – c’est ainsi que je l’appelle !

Toutefois, je suis parti un peu dans l’inconnu. En effet, je n’ai pas du tout le profil d’un cycliste. Je ne suis pas un fondu de vélo et je n’en fais pas tous les dimanches. Mais, l’objectif était de prendre mon vélo et voir jusqu’où je pouvais aller, en espérant arriver au bout.

Col du Galibier, Hautes Alpes

Le principe de mon tour de France à vélo seul était de passer le plus près possible des frontières et des littoraux sur les 6 côtés de l’Hexagone. Parfois, il y avait des routes qui s’en éloignaient un peu – comme dans les Alpes. Du coup, cela m’amenait à traverser la frontière française. Dans ce cas, Régis Paraz avait choisi de prendre l’itinéraire qui longeait au plus près de la frontière, mais en passant de l’autre côté. J’ai trouvé que c’était une très belle logique. J’ai donc franchi les frontières à plusieurs reprises, celles de la Suisse, du Luxembourg, de l’Allemagne, de la Belgique et de l’Espagne.


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Je ne me suis pas occupé des itinéraires cyclables qui coupaient à travers la France, comme certaines parties de la Vélodyssée. Je souhaitais vraiment suivre la frontière française au plus près. Donc, bon, c’est un itinéraire un peu maniaque, mais ça fait partie du jeu ! En pédalant uniquement sur les pistes cyclables et les voies vertes, on rate beaucoup de beaux paysages. C’est sûr que mon parcours m’a demandé pas mal de compromis. En revanche, j’ai roulé sur des petites routes très jolies, même si parfois, je descendais sans arrêt vers la côte, puis je remontais vers les terres.

france a velo trace de pierre herant
Crédit photo : Chamina Éditions

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Ce tour de France à vélo seul a eu lieu durant la crise sanitaire. As-tu rencontré des difficultés dues aux restrictions ?

En 2020, j’ai réalisé mon tour de France de 3600 km en plein covid. Il n’y avait plus rien dans les magasins de cycles et j’ai eu du mal à équiper mon vélo, mais j’y suis arrivé. Au cours de cette période, j’avais dormi en tente tous les soirs ce n’était plus possible dans les gîtes. Dans les restaurants, c’était impossible aussi, du coup, c’était un voyage 100 % tente et pique-nique ! L’ambiance était spéciale, mais je me suis débrouillé.

En 2021, lors de mon tour de l’Hexagone de 7600 km, les restrictions étaient encore présentes, mais il n’y avait plus de confinement. Ce qui m’a le plus embêté, c’était de ne pas pouvoir faire une pause à la terrasse d’un café parce qu’il fallait le pass sanitaire. Tu sais, quand on roule à vélo, c’est toujours le moment sympa : boire un café et regarder ce qu’il se passe autour de nous pour découvrir l’ambiance de la ville qu’on traverse. Quand j’ai franchi les frontières, il n’y avait aucun douanier, aucune restriction, donc je n’ai pas été ennuyé pour cela.

tour de france a velo seul La Meije et ses glaciers Hautes-Alpes
La Meije et ses glaciers, Hautes-Alpes

Peux-tu nous décrire l’itinéraire de ton tour de l’Hexagone de 7600 km ?

J’étais parti sur la base du découpage de mon prédécesseur, Régis. Lui avait mis 82 jours. J’en ai pris 84. Lors de mon petit tour de France à vélo seul, j’étais revenu de l’ouest vers l’est. Je n’avais pas envie de revoir les mêmes paysages tout de suite. Je suis donc parti dans l’autre sens, en direction des Alpes, le tour anti-horaire de la France. J’ai trouvé que c’était une bonne configuration parce que ça m’a permis de rouler du côté de la mer quand j’étais sur le littoral.

pierre hérant à vélo dans les alpes
Col de la Bonette, Alpes-Maritimes

Au démarrage, j’ai pris la route des Grandes Alpes qui se termine au lac Léman et qui impose dont 27 cols à franchir. Ce sont les plus beaux du célèbre tour de France. Je suis un fan de l’époque des Gimondi et des Poulidor. Donc, c’était plaisant de repasser ces grands cols. Ça, c’était mon baptême du feu ! Ensuite, je suis remonté jusqu’à la fin du 1er côté de l’Hexagone. J’ai attaqué la partie nord où j’ai connu pas mal de difficultés liées aux intempéries. Et, je suis arrivé à la mer du nord. J’ai suivi la côte d’Opale. Une merveille ! Après, ce fut la descente jusqu’au Mont-Saint-Michel. Ça m’a fait très plaisir de revoir ce site quelques années après l’avoir découvert en y arrivant à pied.

cote d'armor a velo
Cap Fréhel, Côtes d’Armor

Puis, j’ai traversé la Bretagne. Je suis arrivé dans les Côtes-d’Armor. J’ai vu ses paysages exceptionnels avec la côte de Granit Rose, le Cap Fréhel et la pointe du Raz. Ensuite, j’ai été très soulagé de descendre vers la Vendée et les Landes. Même si dans les Landes, j’ai passé quelques journées un peu monotones, cette région était très sympathique. Parce qu’arrivé dans cette région, on se prépare à entrer dans les Pyrénées ! C’est là que j’ai attaqué le gros morceau. Il y a plus de dénivelés dans cette zone que dans les Alpes. Et surtout, les cols sont beaucoup plus raides avec des pourcentages assez gigantesques. J’ai traversé 47 cols au total, 2 par jour environ pour finir au Cap Cerbère qui est la pointe la plus au sud de toute la côte méditerranéenne. J’arrivais ensuite au dernier côté de l’Hexagone pour rentrer chez moi, à Nice.

tour de france a velo seul Cap Cerbère
Cap Cerbère, Pyrénées-Orientales

J’ai choisi de prendre ma tente afin de partir en cyclo-camping. J’ai préféré dormir dans les campings pour plus de confort. Toutefois, j’ai bivouaqué dans les régions où il n’y avait pas de structure. J’ai fait halte dans les gîtes et les auberges de jeunesse quand il faisait mauvais temps. Pour ce tour de France à vélo seul, j’ai équipé mon VTT Décathlon que je possédais depuis longtemps. On est parti comme ça, lui et moi, avec le matériel de bivouac. En fait, j’ai pris le même équipement de montagne que j’emporte lors de mes treks.

pierre herant Côte d'Ajoncs à vélo
Côte d’Ajoncs, Côtes d’Armor

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Dans quelles régions de France as-tu eu le plus de dénivelé et de fatigue physique ?

Dans le nord de la France, j’ai pris beaucoup de pluie. En juillet 2021, il y eut des inondations catastrophiques en Belgique et en Allemagne qui ont fait 200 morts au total. Je suis passé par là avec une journée d’avance sur les inondations. C’était très dur, car il y avait très peu de gîtes ou de campings sur ma route. C’est là que j’ai bivouaqué dans des conditions parfois bizarres. J’ai dormi où j’ai pu, notamment une fois, dans un cimetière, abrité de la pluie sous de grands cyprès. Eh oui, mon objectif était de toujours camper près d’une source d’eau. Donc, ce cimetière était le seul endroit – avec une fontaine – que j’avais trouvé dans cette région du nord de la France. Arrivé à la mer du Nord, j’ai enfin retrouvé le soleil !

france a velo Bray-Dunes Nord
Bray-Dunes, Nord

En suivant la Bretagne par le littoral, c’est l’équivalent d’un massif montagneux. Il y a 15 700 m de dénivelé pour traverser les Alpes et il y en a 15 200 pour suivre la Bretagne du Mont-Saint-Michel jusqu’à Saint-Nazaire. Donc c’était vraiment dur ! Et bien sûr, les Pyrénées ensuite avec leurs cols de montagnes abrupts  qui représentent près de 19 000 mètres !

Pierre herant montée au col du Soudet a velo
Montée au col du Soudet, Pyrénées-Atlantiques

Durant ce voyage, bien entendu, les plaquettes de frein, les pneus, les pignons et ma chaîne s’étaient usés. C’est logique au bout de quelques milliers de kilomètres. Mais, à l’époque, durant le covid, les vélocistes étaient très mal réapprovisionnés. Je ne parvenais pas à trouver les pièces détachées pour ma transmission. Mais, j’ai eu de la chance, j’ai trouvé 2 vélocistes sur ma route, dans des petits villages pour m’aider à des moments critiques. Bref, on se rend compte que dans le voyage à vélo, comme dans mes longs treks, il y a toujours des imprévus de ce genre. Un moment de panique, puis on trouve la solution ! J’ai malgré tout traversé les Pyrénées sans pouvoir monter en danseuse, car j’avais un problème récurrent sur ma chaîne…

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Quels départements de l’Hexagone as-tu préféré et pourquoi ?

Je n’ai pas de département favori, mais je suis un fou de montagne donc évidemment j’ai préféré les départements alpins où les panoramas sont magnifiques. Bien sûr, la même chose dans les Pyrénées. J’ai beaucoup aimé également la traversée des Côtes-d’Armor. J’ai découvert de près toutes ces superbes plages. Je ne me doutais pas qu’il y avait des plages aussi fabuleuses.

cotes d'armor a velo
Baie de Paimpol, Côtes d’Armor

Et puis, la côte d’Albâtre avec ses falaises sculptées comme par un coup de couteau, ses panoramas et la couleur de l’eau. C’est quelque chose de vraiment très beau ! Ce sont les 4 coins de l’Hexagone qui m’ont le plus marqué. Je passe sous silence tout le Var, parce que je suis du coin. Mais, c’est vrai que le Var à vélo est une merveille. C’est un très très beau département avec la Méditerranée sous les pédales. Mais, pour la voir ainsi, il faut souvent beaucoup monter. C’est du raide !

var a velo
Massif de l’Estérel, Var

As-tu suivi une préparation particulière avant de te lancer dans ce tour de France à vélo en solo ?

Non, je ne fais énormément de vélo vu que ce n’est pas mon sport préféré. Mais, comme je vis à Nice, je trouve facilement quelques cols à grimper pour des balades en journée. Mon objectif, durant ce voyage, était d’enchaîner 100 km par jour. Bien sûr, en modulant selon les dénivelés, en montagne par exemple.

Tu es l’auteur de Mon Tour de l’Hexagone à Vélo, publié aux éditions Chamina. À qui s’adresse ce livre et quel message as-tu voulu faire passer dans cet ouvrage ?

J’ai écrit le récit de ce périple en pensant à Régis Paraz. Pour moi, on était 2, à 10 ans d’intervalle à faire ce circuit. Je me suis inspiré, avec son accord, de son blog. C’est un peu comme dans les tours de France des années 1920. À cette époque, il y avait les as, ceux qui étaient sponsorisés et avaient du matériel pro. Et, il y avait les ténébreux, ceux qui étaient inconnus et partaient avec leur propre vélo. Régis est l’as et je suis le ténébreux.

mon tour de l'hexagone a velo pierre herant
Mon Tour de l’Hexagone à Vélo, Pierre Hérant aux éditions Chamina

Mon livre intitulé Mon Tour de l’Hexagone à Vélo contient 320 photos de mon tour de France à vélo seul. Il retrace tout mon périple en images avec du texte résumant chaque étape. Ensuite, il y aura en février 2024, un second tome, publié par les Éditions Christine Bonneton, dans lequel on trouvera le récit lui-même. Je décrirai les 84 étapes en détail avec toutes les anecdotes, les petites galères, les beaux émerveillements et les belles rencontres. Avec ces 2 livres, j’aimerais que ce tracé devienne un tour classique. Tous ceux qui aiment à la fois le tour de France et la randonnée à vélo devraient trouver que ce parcours est à faire !

Il y a 2 types de message que je voudrais faire passer.

On peut réaliser de grandes choses sans avoir d’entraînement ou passer sa vie à se préparer pour ça.

Moi-même, je ne suis pas un très grand sportif. Je n’ai pas fait de marathon ; je ne suis pas tout à fait affûté. Toutefois, je marche beaucoup en montagne et je fais du yoga. Cette discipline est parfaite pour s’étirer et ne pas souffrir de claquage. De plus, quand on a la motivation pour voyager, on n’a pas besoin non plus de dépenser beaucoup d’argent pour s’équiper. Je suis parti avec mon VTT Rockrider 500 basique que j’ai équipé avec un porte-bagage 1er prix. Voilà, je pense qu’avec quelques centaines d’euros, on peut facilement partir.

bivouac sur le tour de france a velo
Saint-Andrieux, Seine-Maritime

L’autre message : il ne faut pas hésiter à partir seul.

De toute façon, si on attend que quelqu’un se libère ou de trouver une personne capable d’aller jusqu’au bout, on ne partira jamais. J’ai toujours voyagé seul et en montagne. C’est la meilleure façon de rencontrer du monde. On ne doit pas avoir peur. Le seul élément rédhibitoire, c’est l’accident. Eh oui, un vélo se répare, mais une blessure, ça met fin à votre projet. Faites-vous plaisir et n’hésitez pas à partir à vélo ou en trek !

Tu avais 67 ans à l’époque de ce tour de France à vélo seul. Qu’est-ce que ta famille a pensé lorsque tu lui as annoncé ton grand projet ?

Mes enfants me regardent partir seul depuis plus de 10 ans. Ils me voient revenir satisfait, donc ça ne leur pose pas de problème, au contraire ! Dans le regard des autres, parfois, j’ai pu sentir un léger : « À ton âge, tu ne vas pas y arriver ! ». Mais, je n’y crois pas une minute. L’âge n’est pas un obstacle. On est capable de faire beaucoup de choses quand on s’entretient un peu. On possède une machine organique qui est magnifique. Si on la fait travailler comme il faut, tout va bien. Après une pause à mi-parcours de quelques jours chez mon fils, installé à Saint-Brieuc, j’ai fait sans m’arrêter 40 jours de route, 4000 km et 40 000 m de dénivelé. Je me disais qu’à ce rythme-là, j’aurais peut-être pu faire le tour de la Terre ! J’en tire comme conclusion que les gens sont souvent trop timorés sur leur condition physique.

pierre herant lors de son voyage à vélo de 7600 km
Saint-Brieuc, Côtes d’Armor

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As-tu eu envie d’abandonner parfois durant ce voyage à vélo en solo ?

Non, pas en vélo. On a toujours la possibilité de faire des pauses en cas de fatigue ou de ras-le-bol. Les douleurs physiques peuvent être un problème. Mais, à part les irritations au postérieur les premiers jours, il n’y a pas grand-chose qui m’a gêné. Pour cela, j’avais un couvre-selle à mémoire de forme et la crème Nok qui fait des miracles ! En revanche, quand j’ai fait la traversée des Pyrénées, 42 jours de marche en autonomie, oui, j’ai eu ce coup de barre à la moitié du parcours. Et là, coup de chance, je suis tombé sur un guide dans un refuge qui m’a complètement remotivé !

Merci beaucoup, Pierre Hérant, pour cet échange très enrichissant. Ton livre Mon Tour de l’Hexagone à Vélo est en vente dans toutes les librairies ou sur le site des éditions Chamina. Tes autres livres sont disponibles sur ta page auteur chez Amazon. Nos lecteurs peuvent suivre tes aventures sur ton profil Instagram ou Facebook.

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1 réflexion sur “Interview : Pierre Hérant, son tour de France à vélo en solo, 7600 km”

  1. Bonjour Pierre
    Je m appelle Miguel, j habite à côté du Mans, je fais parti du club de spay cyclotourisme 72 depuis 5 ans, deuxième club sarthoise.
    Tous les ans je relève des défis, l année dernière je suis partie à Amsterdam en vélo de route, un aller et retour 11 jours 1650 Kms, les 24 heures de vélo en solo sur le Bugatti avec 523 Kms en 24 heures et réussi à faire 20150 Kms en 2023
    J ai 58 ans, je suis toujours en activité dans 4 ans là retraite approche j ai envie de faire ton périple
    Je me suis acheté un gravel avec sacoche clipser, voyager avec toile de tente
    J adore voyager en solo, je vais acheter ton livre pour voir où dormir pour rechercher le gps.
    Dans l attente d une réponse merci d’avance

    Miguel

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